L'Ontologie
des esthétiques de la mode de Lekondo

34 esthétiques

Le vêtement est une expression sans explication. Il influence la façon dont on vous voit et dont vous vous voyez. Des modèles de goût, d'humeur, de discipline, d'excès et de retenue se répètent à travers le temps et les cultures. Voici notre guide pour rendre ce langage visible.

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Mori-kei

Résumé. Le mori kei signifie littéralement style de la forêt. C'est une esthétique japonaise née dans la rue. Elle repose sur la superposition de vêtements en fibres naturelles. Les tons sont terreux. Les imprimés floraux sont discrets. La silhouette est souple et rustique. Elle évoque un univers de conte de fées. Le style est apparu sur le réseau social japonais Mixi vers 2006. Une utilisatrice nommée Choco a publié une liste de traits définissant la mori girl idéale. Cette personne aime marcher en forêt. Elle porte des vêtements amples. Elle privilégie le fait-main et le vintage. Elle place le confort avant la tendance. Cette liste a défini la grammaire visuelle de la communauté. Les pièces maîtresses incluent les robes trapèze en coton ou en lin. Les blouses sont ornées de dentelle. Les gilets sont en maille. Les jupes comportent plusieurs volants. Une tenue assemble quatre à sept pièces. Cette accumulation produit un volume caractéristique. La palette se concentre sur le blanc cassé, le beige et le vert sauge. Le mori kei ressemble au cottagecore mais il est plus ancien. Son mécanisme est différent. Le cottagecore mise sur une pièce forte comme la robe prairie. Le mori kei construit son identité par l'accumulation de textures. Il est proche du natural kei qui est plus simple. Il s'apparente aussi au dolly kei qui est plus sombre et romantique.

Aspects matériels

La cohérence du mori kei dépend de la superposition. Les fibres naturelles vieillissent d'une manière spécifique. Chaque couche interagit avec les autres. La logique est cumulative. Aucun tissu ne définit le look à lui seul. C'est le poids et la texture de l'ensemble qui créent la silhouette.

Coton et gaze de coton. Le coton est la fibre de base. Il est utilisé pour toutes les couches. La gaze de coton est emblématique du style. Son tissage ouvert produit un aspect froissé naturel. Elle ne nécessite pas de repassage. Cette texture vécue correspond à l'esprit mori. La double gaze offre de l'opacité tout en restant respirante. Elle évite la surchauffe lors des superpositions. Le tissu s'adoucit avec le temps. Le boulochage léger est perçu positivement. Il prouve que le vêtement est aimé et porté.

Le voile de coton est utilisé pour les blouses. Il est léger et semi-transparent. Il évite que la pile de vêtements ne devienne trop lourde. Le voile se froisse de manière plus nette que la gaze. Les marques japonaises traitent souvent le voile avec des adoucissants enzymatiques. Cela assouplit le tombé avant la confection.

Lin. Le lin sert pour les couches extérieures. On le retrouve dans les robes tuniques et les pantalons larges. Sa structure moléculaire lui donne un tombé angulaire. Il reste frais au toucher. Le mori kei privilégie les lins de poids moyen. Ils maintiennent la forme trapèze sans structure interne. Les marques comme SM2 utilisent des lins lavés aux enzymes. Cela réduit la raideur initiale de la fibre.

Le froissement du lin est essentiel. Les plis irréguliers créent une patine. Le mori kei valorise ces marques du temps. Le lin présente aussi des irrégularités naturelles de couleur et de fil. Ces défauts renforcent l'aspect artisanal cher à l'esthétique.

Dentelle et crochet. La dentelle sert d'interface entre les couches. Elle apparaît aux ourlets et aux cols. Le type de dentelle est crucial. On utilise de la dentelle de coton écrue ou blanc cassé. Le blanc pur semble trop neuf. Le crochet apparaît sous forme de bordures ou de gilets complets. Le crochet fait main présente des irrégularités de points. Ces variations sont des marqueurs d'authenticité. Elles distinguent le travail manuel de la production industrielle.

Le crochet est semi-transparent. Il laisse deviner le vêtement situé en dessous. Un gilet au crochet sur une blouse en gaze crée une profondeur visuelle. Le mori kei exploite systématiquement ces jeux de transparence.

Laine et tricot. La laine intervient en automne et en hiver. On la porte en cardigans ou en bérets. Les fils sont légers pour ne pas ajouter trop de volume. Les torsades et les points de riz évoquent l'artisanat. Les couleurs sont naturelles : crème, grège ou gris-brun. Le boulochage est toléré. Cette approche décontractée de l'entretien distingue le mori kei des styles plus formels.

Velours côtelé et denim souple. Le velours côtelé apporte un contraste tactile. On l'utilise pour les jupes et les vestes. Le denim apparaît parfois sous forme de salopettes. Il est toujours léger et délavé. Les tons restent sourds comme le chamois ou l'indigo passé.

La superposition comme système. Le défi principal est la gestion thermique. Le coton et le lin isolent mal seuls. Superposés, ils créent des poches d'air qui retiennent la chaleur. En été, une tenue mori peut devenir inconfortable au-dessus de 25 degrés. Cela explique pourquoi le style domine au printemps et en automne. Les marques japonaises adaptent le poids des tissus selon la saison.

Classification

Le mori kei appartient aux modes urbaines japonaises des années 2000. Il est distinct de l'écosystème de Harajuku. Il diffère aussi des esthétiques nées plus tard sur l'internet occidental.

Le natural kei partage les mêmes matières. Sa logique de superposition est toutefois plus simple. Il privilégie des tenues avec peu de pièces. Le natural kei est minimaliste là où le mori kei est dense et texturé.

Le dolly kei partage le goût pour le vintage. Ses références visuelles sont différentes. Il s'inspire des costumes folkloriques d'Europe de l'Est. Sa palette est plus sombre avec des rouges profonds et des brocards dorés. Le mori kei est plus clair et plus souple.

Le cottagecore partage les références pastorales. Il est né une décennie plus tard en Occident. Le cottagecore se construit autour de pièces iconiques uniques. Le mori kei distribue son identité sur l'ensemble des couches superposées.

Méthodologie

Cette entrée analyse le mori kei comme un système de superposition axé sur la fibre. Les vêtements sont étudiés selon leurs propriétés textiles. Le poids et le vieillissement dictent la silhouette. L'étude prend en compte l'origine de la communauté sur Mixi et son évolution sur Tumblr.

Étymologie

Mori signifie forêt en japonais. Kei signifie style ou système. C'est un suffixe courant dans la taxonomie de la mode japonaise. On le retrouve dans visual kei ou amekaji. Mori kei se traduit donc par style de la forêt. Le terme original sur Mixi était mori girl. Le passage de girl à kei marque l'évolution d'une identité communautaire vers une classification de style. En dehors du Japon, les deux termes sont souvent utilisés de manière interchangeable.

Subculture

Le mori kei est né de l'auto-organisation sur le réseau social Mixi. Cette plateforme dominait le Japon au milieu des années 2000.

La communauté Mixi et la liste de Choco. L'utilisatrice Choco a créé le groupe autour du concept de fille de la forêt. Elle a publié une liste d'environ trente critères. Il fallait aimer les vêtements amples et les matières naturelles. Il fallait préférer les cafés aux bars. Cette liste mélangeait mode et art de vivre. Elle offrait un cadre identitaire complet. La communauté a atteint des dizaines de milliers de membres en deux ans.

Documentation et magazines. Le style a intégré la presse spécialisée via les blogs de photographie de rue. Les magazines comme Zipper et KERA ont documenté le mouvement à Harajuku. Les marques ont répondu à cette croissance. SM2 est devenue la marque de référence. Elle proposait des vêtements prêts à être superposés. Sa présence dans les centres commerciaux a rendu le style accessible partout au Japon.

Adoption occidentale et Tumblr. Les blogueurs anglophones ont découvert le mori kei via les photos de rue japonaises. Tumblr est devenu la plateforme principale en Occident. Les membres partageaient des guides de création et des recommandations de marques. En dehors du Japon, l'accès aux marques originales était limité. Les adeptes utilisaient davantage le vintage et les boutiques d'artisans sur Etsy.

Persistance et lien avec le cottagecore. La visibilité maximale sur le web occidental a eu lieu entre 2012 et 2015. La communauté s'est ensuite réduite mais l'esthétique a survécu. Au Japon, les marques comme studio CLIP continuent de vendre ces mêmes codes. L'explosion du cottagecore en 2020 a remis le mori kei en lumière. Les observateurs ont alors souligné les similitudes visuelles entre les deux mouvements.

Histoire

Formation sur Mixi (2006-2009). L'histoire commence sur Mixi. Ce réseau imposait une certaine transparence entre les utilisateurs. Cela a favorisé l'émergence de communautés basées sur des affinités réelles. La liste de Choco servait de point de référence. Les membres évaluaient leur propre style par rapport à ces critères. En 2008, les photographes de rue ont commencé à documenter le look dans les quartiers de Shimokitazawa et Kichijoji.

Codification commerciale (2009-2012). Les marques de prêt-à-porter ont suivi l'essor de la communauté. SM2 a codifié le style en produisant les silhouettes et les couleurs exactes de la liste. Le groupe Stripe International a créé un écosystème complet avec les marques niko and... et ehka sopo. Le gouvernement japonais a même fini par documenter la mori girl comme une tendance culturelle notable en 2011.

Circulation internationale (2010-2015). Le mori kei a traversé les frontières grâce à Flickr et LiveJournal. Sa grammaire visuelle claire facilitait l'adoption culturelle. La communauté occidentale a créé une archive importante de contenus en anglais. Ces ressources persistent aujourd'hui sur Pinterest et Tumblr.

Persistance (2016-présent). Le mouvement n'est plus une nouveauté mais il reste une base commerciale solide. Les marques japonaises n'ont pas changé leur esthétique fondamentale. Le lin et le coton dans des tons terreux restent des produits d'appel. Le cottagecore a simplement donné un nouveau nom à des désirs esthétiques similaires.

Silhouette

  • Robes trapèze de longueur genou ou midi.
  • Blouses tuniques tombant à mi-cuisse.
  • Jupes à volants ou froncées de longueur midi à maxi.
  • Pantalons en lin larges à taille élastiquée.
  • Gilets, boléros et cardigans en maille ou crochet.
  • Tabliers ajoutant une couche structurée sur des bases souples.
  • Tailles basses ou floues pour éviter de marquer le corps.
  • Volume réparti de manière homogène des épaules à l'ourlet.

Matières

  • Gaze et double gaze de coton pour les bases.
  • Voile de coton pour les blouses légères.
  • Lin de poids moyen pour les pièces extérieures.
  • Dentelle de coton et crochet écru pour les détails.
  • Laine et mélanges de laine pour les cardigans et bérets.
  • Velours côtelé pour les jupes et les vestes.
  • Denim souple et léger pour les salopettes.
  • Priorité absolue aux fibres naturelles.

Palette de couleurs

  • Blanc cassé, crème et écru pour les bases.
  • Beige, grège et champignon pour la profondeur.
  • Vieux rose, mauve et lavande séchée.
  • Vert sauge, mousse et forêt pour la référence à la nature.
  • Rouille, cannelle et terre cuite en accents chauds.
  • Tons bruns du camel au chocolat pour les accessoires en cuir.
  • Imprimés floraux miniatures sur fond coton ou lin.
  • L'ensemble semble délavé par le soleil et le temps.

Détails

  • Bordures en dentelle aux ourlets et aux poignets.
  • Empiècements en crochet ajoutant de la transparence.
  • Plis religieuse et légères fronces aux empiècements.
  • Broderies botaniques ton sur ton.
  • Boutons en bois, en nacre ou recouverts de tissu.
  • Bords francs ou lisières apparentes signalant le fait-main.
  • Cols Claudine et encolures arrondies.
  • Poches plaquées aux coins arrondis.
  • Liens en ruban et cordons de serrage à la place des zips.

Accessoires

Les chaussures sont un signal fort de l'esthétique. La liste de Choco imposait des bouts ronds. Ce choix reste central. Les options courantes incluent :

  • Chaussures en cuir marron à bout rond.
  • Mary Janes en cuir mat ou en toile.
  • Bottines souples lacées.
  • Mocassins ou sandales simples en été.

Les talons aiguilles et les bouts pointus sont exclus. Les matières suivent la logique des fibres naturelles.

Sacs et accessoires portés :

  • Sacs en cuir naturel ou en toile de type besace ou cabas.
  • Paniers en paille ou en osier pour les beaux jours.
  • Bérets en laine et chapeaux de paille.
  • Mouchoirs en dentelle utilisés comme foulards.

Bijoux et coiffure :

  • Bijoux discrets : petits pendentifs, boucles d'oreilles puces.
  • Accessoires botaniques comme des fleurs séchées sous résine.
  • Cheveux lâchés ou tresses souples.
  • Maquillage minimaliste pour une présentation naturelle.

Logique corporelle

Le mori kei estompe les contours physiques. La superposition crée une zone tampon entre la peau et l'extérieur. La silhouette est protectrice et modeste. Elle n'est jamais angulaire. La taille est rarement marquée. L'esthétique ne cherche pas à cacher le corps de manière agressive comme le grunge. Elle cherche à l'adoucir. Le confort et la texture priment sur la proportion. Le corps habillé doit donner l'impression que les vêtements se sont accumulés naturellement au fil du temps.

Logique du vêtement

Chaque pièce est un composant d'une pile. Une blouse est coupée assez large pour tenir sous une robe tunique. Les emmanchures sont généreuses pour permettre le mouvement. Les longueurs sont étudiées pour que chaque couche reste visible.

La cascade d'ourlets est une convention majeure. Dans une tenue à quatre couches, la dentelle de la couche inférieure dépasse de quelques centimètres. On obtient une stratigraphie visuelle des vêtements. Cela demande une planification précise des longueurs lors de la création.

Les fermetures sont souples. Les boutons et les rubans remplacent le métal. L'absence de quincaillerie renforce le récit pré-industriel. Le vêtement s'ajuste par des coulisses et des fronces plutôt que par des pinces ajustées. Cela privilégie la flexibilité de la superposition.

Le choix du tissu dépend de sa position dans la pile. La base doit être douce et peu volumineuse. La couche intermédiaire doit avoir assez de tenue pour ne pas s'affaisser. La couche extérieure doit être structurée sans être rigide. Les pièces ne sont pas interchangeables dans l'ordre de superposition.

Motifs et thèmes

Le vocabulaire thématique repose sur une relation contemplative avec la nature. La forêt est à la fois une référence littérale et un cadre métaphorique. C'est un refuge loin de la densité urbaine. Ce rapport à la nature est calme. Il évoque une promenade dans les bois ou une cabane isolée.

L'artisanat est omniprésent. Le crochet et la broderie valorisent la main de l'artisan. Le mori kei s'inscrit dans la tradition japonaise du mingei ou art populaire. L'acceptation des imperfections textiles est culturelle.

Une nostalgie pour une vie pré-numérique traverse le style. Les choix de matières et les activités associées comme la lecture de livres d'images construisent un passé imaginaire. Ce passé est domestique et paisible. Cette orientation temporelle se retrouve dans le cottagecore mais avec des références rurales japonaises.

Références culturelles

  • La communauté Mixi et la liste de Choco (2006-2007) : Le document fondateur qui a défini les traits et le nom de l'esthétique.
  • Les boutiques SM2 (Samansa Mos2) : Le pilier commercial du style avec des centaines de points de vente au Japon.
  • Little Forest (manga de Daisuke Igarashi) : Une œuvre décrivant la vie rurale et la cuisine à base de produits récoltés. L'atmosphère correspond parfaitement au mori kei.
  • Les films du Studio Ghibli (Mon Voisin Totoro, Arrietty) : Les décors forestiers et les palettes de couleurs sont des références constantes pour les moodboards.
  • Les magazines Spoon et Zipper : Les titres qui ont offert la plus grande visibilité médiatique au style à son apogée.
  • Les quartiers de Shimokitazawa et Kichijoji : Des zones de Tokyo riches en friperies et cafés indépendants prisés par la communauté.
  • Aoi Hana (manga de Takako Shimura) : Cité pour son atmosphère douce et ses jeux de superpositions dans les uniformes.
  • Les marchés vintage du port de Yokohama : Des lieux de chine essentiels pour trouver les dentelles et cotonnades anciennes.

Marques et Créateurs

  • SM2 (Samansa Mos2, Stripe International) : La marque centrale du style mori. Elle propose des pièces à superposer en coton et en lin. On y trouve des robes bordées de dentelle et des gilets en maille. La palette de couleurs est complète. C’est une marque de milieu de gamme présente dans tout le Japon.
  • niko and... (Stripe International) : Cette marque décline l’esthétique naturelle dans la mode et la décoration. Les basiques privilégient les fibres végétales. Les coupes sont simples. L’univers visuel reste fidèle aux tons terreux.
  • ehka sopo (Stripe International) : Le label s’adresse à un public plus jeune. Les imprimés floraux sont plus fins. Les proportions sont ajustées.
  • studio CLIP (Adastria) : La marque vend des basiques en coton et en lin. Les teintes terreuses et les fleurs discrètes dominent les collections. Son offre est proche de celle de SM2.
  • Olive des Olive : Cette marque japonaise s’inscrit dans les registres mori et natural kei. Elle utilise des matières naturelles. La dentelle et la broderie décorent les vêtements.
  • MUJI : Le minimalisme définit ses pièces en coton, lin et laine. Ces articles servent de fondation. Ils constituent les premières couches de la silhouette mori.
  • axes femme : La marque propose un romantisme accentué. La dentelle et les rubans sont omniprésents. Son style rejoint le versant le plus orné du spectre mori.
  • Nest Robe : La marque se positionne sur le haut de gamme. Elle travaille le lin et les fibres naturelles avec soin. Les finitions sont impeccables. Les silhouettes complètent l’univers mori.
  • Lisette (par Foglia) : Cette marque se spécialise dans le lin. Ses coupes s’inspirent du tailleur européen. Les adeptes du style mori choisissent Lisette pour les vestes et les manteaux.
  • Kanmi (accessoires) : La marque produit de la maroquinerie artisanale. Les sacs sont cousus à la main. Le cuir naturel est indissociable de l’esthétique mori.
  • Ichi Antiquites : Les vêtements sont teints après confection. Le lin et le coton arborent un aspect patiné. Cette finition naturelle plaît à la communauté mori.

Références

[1] Web Japan. "Girls of the Forest: Mori Girl Fashion." Web Japan Trends in Japan, mars 2011. https://web-japan.org/trends/11_fashion/fas110324.html [2] My Navi Woman. "Mori Girl Fashion Guide." 2019. https://woman.mynavi.jp/article/190828-8/ [3] Kawamura, Yuniya. Fashioning Japanese Subcultures. Berg, 2012. [4] Godoy, Tiffany. Style Deficit Disorder: Harajuku Street Fashion, Tokyo. Chronicle Books, 2007. [5] Marx, W. David. Ametora: How Japan Saved American Style. Basic Books, 2015. [6] Yagi, Takeshi. "Mori Girl and the Forest of Internet Community." Fashion Studies vol. 1, 2012.

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